Cyrielle Chatelain, l’inconnue verte à suivre

Peu après le second tour des législatives, un influent conseiller écologiste lançait un message à tout son carnet d’adresses de journalistes : « Vous ne connaissez sans doute pas Cyrielle Chatelain, mais je vous encourage à la découvrir car c’est vraiment une personne de très grande qualité. la personne. Cette femme, pas tout à fait âgée de 35 ans à l’époque, venait d’être élue députée Nupes EELV von Isère et co-président du groupe environnemental, avec Julien Bayou. « J’ai insisté parce que sachant comment s’organise un couple entre un homme des médias et une femme professionnelle, on savait qu’elle travaillerait et que Bayou aurait les micros », explique-t-il aujourd’hui. Je ne suis pas une confidente, mais je savais qu’elle était super travailleuse, brillante et efficace… »

Les compliments pleuvent sur Cyrielle Chatelain, qui sera ce lundi la première porte-parole du Nouveau syndicat populaire écologique et social à défendre la première motion de censure contre les premiers 49.3 pressés par le gouvernement sur le premier volet de la loi de finances (PLF). . Inconnu du grand public et militant écologiste de longue date, ses parents étaient des militants de gauche – et très vite écologistes : « Ils étaient partisans de Paix verte et la lutte contre le nucléaire », rappelle le nouveau député. D’où son engagement « logique » et clair… à gauche. « Si vous êtes écologiste et que vous vous battez pour une planète habitable, vous vous battez pour le partage », déclare Chatelain. Et pour cela, nous devons faire face à notre modèle économique capitaliste. »

« Langue première éco »

« Elle parle éco-première langue », assure David Cormand, eurodéputé et ancien secrétaire national de l’EELV de 2016 à 2019. Elle la place au centre idéologique du parti, dont elle « connaît bien les lignes et les secrets », précise Corand. « Elle a joué un rôle, non pas au premier plan, mais important, à des étapes cruciales », se souvient-il. Ne pas être à l’émission permettait de stabiliser certaines choses un peu tactico-créatives… » En 2014, par exemple, elle milite pour qu’EELV revienne après le départ de Cécile Duflot et non au gouvernement Valls. Pascal Canin.

Militante pour le logement, Cyrielle Chatelain a voulu concilier son travail avec son militantisme. Et logiquement, le monde politique les a appelés. Quand les écologistes ont eu un groupe pour la première fois dans la congrégation en 2012, ils « mouraient d’envie de faire partie de l’aventure, c’était le retour de la gauche au pouvoir, et nous avions un écologiste au Logement [Cécile Duflot], C’était super! « Les collaborateurs étaient le maillon fort du système à l’époque, des gens forts », note David Cormand. En 2015, elle passe du législatif à l’exécutif, en entrant au cabinet du président de la Métropole de Grenoble « avec une envie de voir comment les choses se font ». Et avant longtemps, elle travaille sur la loi Alur et se retrouve au sommet pour l’appliquer sur le terrain.

Dans l’esprit d’Eric Piolle

Cyrielle Chatelain s’inquiète notamment du logement des sans-abris – « un sujet qui ne peut être traité qu’en théorie » – et des pillages avec le Samu social de Grenoble. « À un moment donné, la question devient binaire : les gens ont-ils un toit ou pas ? Il me semblait important de le faire. C’est cette radicalité que revendique aussi le maire de Grenoble Eric Piolé, qui l’a soutenue lors de la primaire de 2021 : « La vraie radicalité, c’est ce qu’on peut mettre en œuvre, estime la jeune députée. Et ça ne veut pas dire qu’elle est édulcorée. » Son tempérament a ensuite été découvert par Bruno Bernard, président EELV de la métropole de Lyon à partir de 2020 : la recruter dans son cabinet est une priorité : « J’ai fait remarquer sa discrétion, son sérieux et son intelligence. »

A ce poste, elle côtoie Cédric Van Styvandael, le maire socialiste de Villeurbanne, vice-président de la métropole en charge de la culture. Il a « des souvenirs extrêmement positifs d’elle. Elle est hyper professionnelle. Technique et assez politique, il est rare que quelqu’un qui travaille dans une entreprise ait les deux ». Sa circonscription de la banlieue rouge de Grenoble est gagnable. Mais si on est de gauche, on n’est pas forcément vert. Chatelain choisit un remplaçant insoumis : « Il fallait s’unir, trouver un équilibre local. Elle a fait preuve d’intelligence politique », confie Bruno Bernard, qui la « regrette » dans son cabinet.

« La bonne personne au bon endroit »

En définitive, si Cyrielle Chatelain est devenue co-présidente du groupe écologiste en juin dernier, c’est parce qu’elle est l’une des plus expérimentées du groupe. « Elle sait de quoi elle parle quand il s’agit de gouverner », assure Marie-Charlotte Garin, députée EELV de Lyon. Et puis, à part Eva Sas, personne n’a jamais été député dans l’élu EELV. « Cependant, il est important de connaître les règles du jeu », rappelle un proche de Yannick Jadot. Vous pouvez être formidable, mais quand vous arrivez, vous n’avez pas nécessairement à l’esprit que le plus important, ce sont les règles de la congrégation. Pourtant, le retour des écologistes au Palais-Bourbon est chaotique. Le recrutement de collaborateurs est difficile, et l’affaire Julien Bayou notamment ne parvient pas à faire éclater le collectif sur fond d’allégations de violences psychologiques.

« C’était aussi bien que possible compte tenu de l’exposition médiatique, des enjeux et surtout des personnalités présentes », raconte David Cormand de l’extérieur. A l’intérieur, on loue son « grand sens du collectif, de la finesse, de la justice », comme le dit Marie-Charlotte Garin. C’est « la bonne personne à la bonne place », estime Benjamin Lucas, l’adjoint des Yvelines. « Ils ont discuté entre eux et ont su calmer la situation », raconte-t-elle avec moins d’enthousiasme. Sandrine Rousseaul’eurodéputée parisienne, selon qui son sens du collectif, tant vanté par tous ses contacts, « a besoin d’être renforcé par la suite ».

De l’ombre à la lumière

Pour certains, le fait qu’elle soit désormais la seule Présidente du Groupe, sans que la question d’un nouvel associé ne se soit posée pour elle, prouve sa solidité. « Malgré sa diplomatie et sa douceur, elle a une poigne ferme », assure Sandra Regol, eurodéputée de Strasbourg et amie de longue date. Pas étonnant que Cédric Van Styvandael dise qu’elle « supporte assez bien la pression ». Illustration : Le soir de la conférence de presse, l’avocate de Julien Bayou, l’un des rares écologistes, rappelle les journalistes qui l’abordent. Deux jours plus tard, alors qu’il lui aurait été facile d’annuler un long rendez-vous dans l’impasse avec des journalistes, elle arrive. Et malgré une « situation humaine difficile », elle reste serrée dans ses bottes : « La question est la réponse politique » aux violences sexistes et sexuelles, nous avait-elle alors confié.

« Elle a toujours été dans l’ombre pour pousser les autres, comme moi », décrit Sandra Regol. Des gens qui se mettent au service des autres, c’est très bien, mais c’est bien aussi qu’on puisse se mettre à leur service. La lumière, elle sera là en plein centre tout en portant la charge du gouvernement pour le compte de Nupes ce lundi. « J’ai trouvé ça plutôt bien lors du débat général, note Bruno Bernard. Pour une première opération, j’étais comblée. »

« Ne manquez pas les étapes »

Cette fois, la pression est plus forte. « A chaque prise de parole il y a de la pression, coupe la Grenobloise. On porte autre chose que soi.» La réponse au discours de politique générale a été d’organiser le retour de la voix de l’écologie à l’assemblée. Là, il s’agira de parler de la parole : le budget, c’est là que se prennent toutes les décisions. Avec l’inflation, comme avec le fait que le réchauffement ne dépasse pas 3°C en dix ans, c’est là que ça se passe. »

Un vote de confiance des alliés du Nupes, avec qui elle est « très à l’aise ». Son homologue socialiste Boris Vallaud la trouve « intelligente et structurée ». « Cyrielle est précise, il n’y a pas 15 000 interprétations possibles de ce qu’elle dit. C’est anguleux, ça ne fuit pas le conflit, ça doit être extrêmement perceptible pour les partenaires », explique un ami proche Yannik Jadot déjà cité.

De plus, « elle gagnerait à se permettre de réaffirmer ses options politiques et sa ligne encore plus », estime David Cormand. Mais ça viendra », Sandra Regol se voit un bel avenir sans plus de détails. Soucieuse de ne pas poser de limites formelles à son ambition, Cyrielle Chatelain hésite d’emblée : « Je ferai ce que j’ai toujours fait quand j’ai occupé des postes à fort enjeu : faire du mieux que je peux. Mon objectif est que l’écologie se renforce dans cinq ans grâce au groupe environnemental. Si on ne peut pas, on peut toujours se projeter… Il faut savoir faire ce qu’on fait et ne pas rater les étapes. Des marches, elle montera déjà à 16 heures pour monter sur le podium de l’Assemblée au nom de Nupes. Elle connaît le chemin.






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