Grenoble : « Je ne suis pas un voleur », visé par une enquête préliminaire pour détournement de ressources, Christophe Ferrari « plaide la bonne foi »

Le président de Grenoble Métropole, Christophe Ferrari, reconnaît avoir commis des « erreurs » en utilisant sa voiture de fonction à des fins privées. L’élu dénonce un « compte politique » et dit vouloir rembourser à la collectivité les frais engagés.

Christophe Ferrari brise le silence. Visé par une enquête préliminaire sur des soupçons d’usage abusif de sa voiture de société, le président de la métropole de Grenoble reconnaît « avoir commis des fautes dans le passé avec des trajets privés avec la voiture partagée sans caractère intentionnel ». Il affirme avoir été « récemment mis au courant de cette situation » et souhaite rembourser la métropole des frais engagés.

Son ancien directeur de cabinet, Pascal Harder, a transmis un dossier à la justice le 16 septembre. Les nombreux documents indiquent de possibles irrégularités commises par Christophe Ferrari (divers gauche), qui aurait utilisé sa voiture de fonction avec chauffeur à des fins privées. Le parquet de Grenoble a annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête pour « détournement de biens par un gardien ou une personne chargée d’une mission de service public ».

Dans un communiqué transmis à la presse jeudi 6 octobre, Christophe Ferrari a plaidé l’ignorance. « Le code communal général ne précise pas si le véhicule mis à disposition des élus ne peut être utilisé que pour des déplacements professionnels (véhicules de fonction) ou s’il (…) peut être garé au domicile de l’élu entre deux déplacements professionnels . (véhicule de société) », assure-t-il dans ce document.

En 2014, leur vice-président aux finances aurait interpellé l’administration sur ce point. Ce dernier a répondu qu’il s’agissait d’un véhicule de société pouvant être utilisé à des fins privées. « Il était évident pour tout le monde », raconte Christophe Ferrari, disant n’avoir découvert qu’en mai 2021, « que le ministère de l’Intérieur considérait expressément qu’il ne pouvait s’agir que d’un véhicule de service et non d’une entreprise ».

A cette époque, le président de Metro a décidé de ne plus utiliser le véhicule mis à disposition par la municipalité pour ses déplacements privés. « Eh bien, oui, avec le recul, j’ai fait des erreurs dans le passé en faisant des trajets privés avec la voiture partagée, sans intention, mais par ignorance du cadre légal, de ma part, mais aussi de la part de mes collaborateurs les plus proches », explique le Président du Métro, Maire de Pont-de-Claix et Professeur à l’Université de Grenoble.

Christophe Ferrari explique avoir demandé un état des lieux pour régler les frais dus à la commune. « Si j’accepte ces fautes, je plaide la bonne foi. Je ne suis pas un voleur », conclut-il, se réservant la possibilité de poursuivre « certaines rédactions pour diffamation » mais aussi contre Pascal Harder pour « dénonciations diffamatoires ».

« Tout cela ressemble à de la colère, de la vengeance et à un règlement de compte politique savamment préparé et mis en scène publiquement depuis des mois », a déclaré l’élu. Son ancien directeur de cabinet, qui affirme n’avoir « aucune affiliation politique », a quitté Metro depuis la rentrée et s’est retiré de la politique.

Ce rapport est le deuxième, après celui de Yann Mongaburu, à cibler Christophe Ferrari, proche du maire éco-conscient de Grenoble, Eric Piolle, et grand rival de Christophe Ferrari pour la présidence métropolitaine lors des dernières élections. Ce dernier avait alerté la justice en décembre 2021 pour non-paiement d’un billet qui, selon le président, aurait été « remboursé depuis ».

A l’époque, le parquet de Grenoble n’avait pas engagé de poursuites pénales faute de preuves suffisantes. « C’était un fait unique dénoncé sans preuves dans un contexte de forte tension politique », a déclaré le procureur de Grenoble Eric Vaillant, qui a ensuite entendu les deux parties impliquées. Ce nouveau rapport de l’ancien directeur de cabinet, « plus détaillé cette fois », fait l’objet d’une enquête menée par la police judiciaire de Grenoble.






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