Ce qui va changer avec la gestion publique de l’eau

Depuis le 1er janvier 2023, la métropole Lyon reprend la distribution d’eau et résilie le contrat avec Veolia, qui est relancé en 1986, après un premier bail entre 1853 et 1900. C’est plus de dix ans après son voisin grenoblois, suivi par Paris, Rennes, Nice ou Montpellier dans le années 2010.

« Aujourd’hui, près de 50 % des Français sont pris en charge par autorités publiques ‘ précise Anne Grosperrin, vice-présidente de la Métropole de Lyon, en charge du cycle de l’eau. Elle souligne une évolution progressive de ce nombre, notant qu' »aucune des communautés n’a reculé après cette décision ». Mais alors qu’est-ce que cela change de passer de l’administration privée à l’administration publique ?

Plus nous consommons, plus nous payons

Pas grand-chose pour le contribuable dans un avenir proche. Du moins pour Lyon, car à Paris les prix avaient baissé de 8 % un an après la formation de la direction. Mais d’ici 2025, la facture des habitants de la métropole lyonnaise devrait évoluer, s’inspirant du modèle dunkerquois ou Montpellier.

« Cette année va lancer une réflexion sur la tarification sociale et environnementale, poursuit Anne Grosperrin. Nous voulons offrir les premiers mètres cubes gratuits aux plus démunis et tenir compte des situations d’usage selon les personnes. En résumé, les prix peuvent être modulés en deux ans en fonction de la consommation. Plus on consomme, plus on paye, mais avec des paliers différents entre « eau essentielle » (de 0 à 80 m3 par an), « eau utile » (de 81 à 200 m3) et eau « de confort » (plus de 200 m3) .

L’élu du cycle de l’eau a promis « de nous donner à tous accès à ce bien commun vital ». La métropole souhaite poursuivre l’expérimentation menée en 2022 avec les raccordements en eau potable des campements grâce à des rampes de distribution. Elle veut aussi créer des services comme des « douches publiques » pour les « plus de 18 000 personnes du quartier qui n’ont pas de logement stable et vivent dans des conditions précaires ». Le vice-président rappelle que Veolia « n’était pas destiné à mener à bien ce type de mission », puis souligne l’importance du « redressement complet de la métropole ».

Diversifier les captures « au cas où ».

Autre aspect qui ne concerne pas forcément une entreprise privée : la préservation des ressources et une « vision à long terme en matière de qualité et de quantité ». « On approche de sa dilution », lance Anne Grosperrin. On ne peut pas rester avec la commercialisation de l’eau si une entreprise privée veut faire du profit pour verser des dividendes à ses actionnaires. Désormais tout profitera au service pour l’améliorer. »

Parmi les priorités figure la diversification des bassins versants. Actuellement, 92 % de l’eau consommée par les 1,4 million d’habitants de la métropole provient d’un seul bassin versant, à Crépieux-Charmy. « Si la source principale est polluée ou qu’il y a un problème, il est important d’avoir d’autres sources pour assurer l’approvisionnement de tout le monde », explique l’élu. Nous allons conquérir les nappes phréatiques à l’est de Lyon tout en anticipant la raréfaction de la ressource. Les scientifiques prédisent que le Rhône diminuera de 30 % dans les années à venir. »

Une gestion « efficace »

Cette idée est testée et validée sur la Côte d’Azur depuis plusieurs années. Avec la prise en charge en 2013, le Grand Nice a élargi ses sources d’énergie, mais en a également profité pour améliorer l’ensemble du réseau, notamment dans l’arrière-pays. « On a alors vu l’efficacité de la gestion de l’Eau d’Azur à Storm Alex, lors du retour de l’eau dans les vallées métropolitaines touchées, illustre ce qui est responsable du cycle de l’eau. Là aussi, il est important de reprendre le contrôle de la maîtrise technique. On voit donc qu’une entreprise publique a les compétences pour la gérer. »

Le vice-président de la Métropole de Lyon précise que la commune fait partie du réseau France eau publique. « On s’est appuyé sur les expériences de chacun pour réfléchir à ce qu’on pourrait mettre en place sur notre territoire », raconte-t-elle. Elle cite l’exemple de l’eau parisienne et sa politique de « protection des bassins versants très éloignés de la capitale et de l’ensemble du réseau », qui lui ont permis de faire des économies et de réinvestir.

« Il n’y a que des résultats positifs et des pratiques d’administration publique inspirantes, quelles que soient les préférences politiques. Ce défi commun transcende les différences », conclut-elle.






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