EN DIRECT – Réforme des retraites : «premières de oeuvres, retraites amputées», les femmes en force dans le cortège parisien

Le gouvernement d’Elisabeth BornedossierLes cortèges s’élancent peu à peu dans tout le pays. D’après des chiffres du ministère de l’Intérieur, le taux d’enseignants grévistes est de 42,35 % dans le primaire et de 34,66 % dans le secondaire (collèges et lycées).

Pour Emmanuel Macron, c’est la première épreuve de force sociale depuis sa réélection. Ce jeudi, unis pour la première fois depuis douze ans, les huit principales organisations syndicales appellent à manifester contre le projet de réforme des retraites, avec l’appui des partis de gauche. De l’ampleur des manifestations et des blocages d’aujourd’hui dépend la suite du mouvement social et… du texte défendu par Elisabeth Borne et Olivier Dussopt. Depuis Marseille, Saumur, Grenoble et Paris, les journalistes de Libération vous font vivre cette journée déterminante.

Ce qu’il faut savoir :

– Le conflit qui s’amorce contre la réforme des retraites version 2022 va-t-il être encore plus puissant qu’en 2019, quand la CGT avait claironné avoir mobilisé plus d’1,8 millions de personnes dans les rues ? Retrouvez ici la liste des mots d’ordre et des secteurs en grève. A la mi-journée, 42 % d’enseignants dans le primaire, 34 % dans le secondaire étaient grévistes selon le ministère. Ils étaient 46,3% à la SNCF selon les syndicats et 44,5% chez EDF. Au total, près d’un tiers de la fonction publique est en grève.

– Durée de cotisation, pension minimum, régimes spéciaux, «carrières longues»… Le mode d’emploi du projet de réforme porté par le gouvernement, qui suscite une levée de boucliers dans la majorité des secteurs.

– Plus d’une centaine de manifestations sont prévues tout au long de la journée à travers la France. A Paris, le cortège s’est élancé aux alentours de 14 heures depuis la place de la République. 18 000 manifestants ont défilé à Grenoble selon la police, 35 000 selon la CGT. Du côté de Marseille, ils sont 140 000 selon l’intersyndicale, 26 000 selon la préfecture. A Saumur, un record a été battu : ils étaient de 2 500. Retrouvez notre point de la journée.

15h43

Grève dans l’énergie : «C’est normal que l’on parte plus tôt à la retraite puisqu’on meurt plus tôt». On passe le grand portail de la Compagnie du chauffage urbain parisien (CPCU), à Vitry-sur-Seine. De lourdes fumées blanches extraites de cheminées hautes de plusieurs dizaines de mètres se perdent dans la brume. Ce jeudi matin, 100 % de la vingtaine de salariés de ce site qui fournit chauffage et eau chaude à 200 000 Franciliens sont en grève. On croise quatre techniciens dans les couloirs. «Même grévistes, ils sont là pour assurer la mission de service public de la CPCU», explique Marc Bontemps, secrétaire général du Syndicat de la production de la région parisienne, qui fait partie de la FNME-CGT. Retrouvez notre reportage ici.

15h39

Avec les lycéens à Paris: Noémie défile pour «ne pas avoir à mourir au travail». Emmitouflée dans une doudoune noire, rembourrée de duvet et de plume, Noémie tenait à être présente aujourd’hui pour «ne pas avoir à mourir au travail». Cette élève du lycée Saint-Joseph à Pantin(e) évoque une «démarche spontanée et féministe». Les lycéens de la Seine-Saint-Denis sont nombreux place de la République. Émilio, en seconde au lycée Concorder de Montreuil, est venu avec sa bande de potes. «Cette réforme est injuste, encore une fois c’est un comportement de droite de la part d’Emmanuel Macron, lâche-t-il quelque peu pressé. Avant d’ajouter : «Je dois retourner en cours cet après-midi mais c’était important de participer». Le groupe d’amis est emporté dans la foule. Par notre journaliste Théodore Laurent

15h35

Près d’un tiers de la fonction publique en grève. Quasiment trois fonctionnaires sur dix (28%) étaient grévistes en milieu de journée dans la fonction publique d’Etat, qui compte 2,5 millions d’agents, selon des chiffres communiqués par le ministère de la Fonction publique. Soit une baisse de cinq points par rapport à 2019. Dans la fonction publique territoriale (qui représente près de deux millions d’agents), le taux de grévistes s’élève à 11,3% et dans la fonction publique hospitalière (1,2 million d’agents), il atteint 9,9% : deux pourcentages supérieurs à ceux de 2019.

15h34

Ce monsieur chauffeur de bus en Ile de France a remis le compteur à zéro ce matin. Sa pancarte affichait encore les 64 jours de grève qu’il avait faits en 2019-2020 pic.twitter.com/ROpFZtIHmu

— Frantz Durupt (@peultier) January 19, 2023

15h28

Vu de Paris : un cortège, plusieurs ambiances. A l’avant, boulevard du Temple, règnent les ballons CGT et Solidaires, avec leurs militants rompus à l’exercice. Ceux qui sont de toutes les manifs ou presque, même les plus maigres et les plus désespérées. Perdue dans les fumigènes, la sono du camion Sud Rail crache une reprise de «Sapés comme jamais», puis «Freed from desire», le tube repris par les Bleus pendant leur Coupe du monde presque victorieuse. «C’est pas à borne de faire la loi ! la vraie démocratie, elle est ici !» scande une manifestante au mégaphone. Plusieurs centaines de mètres derrière, l’atmosphère dans les rangs de la CFDT, de la CFE-CGC où de la CFTC est bien plus studieuse. Mais les manifestants n’ont pas l’air moins déterminés. «Si ça doit durer des semaines, on sera présents», assure un délégué de la fédération agriculture de la CFTC. «Mais dans la concertation, on sera toujours force de proposition.» De notre journaliste Frantz Durupt

15h27

Avec les profs à Paris : «Ils veulent nous faire travailler plus longtemps dans des conditions de plus en plus difficiles». Place de la République. Flottant au dessus des manifestants, une pancarte montrant une photo de «Micheline 70 ans enseignante» devant un tableau noir rappelle l’absurdité de cette réforme. «Ils veulent nous faire travailler plus longtemps dans des conditions de plus en plus difficiles», tonne Christelle, professeure de 52 ans en lycée professionnel et CAP en Seine-et-Marne. Elle pointe les «réformes de la voie pro qui s’enchaînent» depuis des années à un rythme effréné, leur laissant «à peine le temps de l’appliquer avant de découvrir la prochaine». Mais aussi l’accueil de plus en plus d’élèves en situation de handicap dans leurs classes sans moyens supplémentaires. «Nous sommes démunis», lâche-t-elle. Signe du ras le bol et de la crise de sens que traverse sa profession, cinq enseignants ont démissionné en un an dans son établissement. «Des jeunes, des moins jeunes… ce n’est pas à cause des élèves mais du système». A ses côtés l’impatience monte, le cortège n’avance toujours pas. Le signe d’une forte mobilisation ? Les profs tentent de jauger à leur échelle. «Ce matin, il n’y avait vraiment pas grand monde dans mon collège», lance l’un d’eux à une consœur, pétri d’espoir de voir les chiffres s’envoler en fin de journée. Par notre journaliste Marlène Thomas

15h25

A Engie, 4 salariés sur 10 parmi les électriciens et gaziers en arrêt de travail. Quelque 40% des effectifs du groupe Engie (ex-GDF Suez) au statut des électriciens et gaziers sont en grève, indique l’énergéticien français. Pour les autres salariés français du groupe, de droit privé, le taux de grévistes était de 7%, selon Engie. Près de 24 000 collaborateurs du groupe Engie, soit 55% des effectifs totaux pour la France, sont au statut des industries électriques et gazières et bénéficient d’un régime spécial de retraites. Le projet de réforme des retraites changerait en leur défaveur le mode de calcul des pensions, à ce jour beaucoup plus avantageux que le régime général. En dépit de ce mouvement social, «on n’anticipe pas de conséquences pour les clients», précise la direction d’Engie.

15h19

En tête du cortège parisien : «Ils voulaient avancer en tête avec leurs gros bras». Une cinquantaine de militants du service d’ordre (SO) se serre les coudes dans la bise qui balaie le boulevard du Temple. Avec 20 minutes de retard, la manifestation s’élance, bien encadrée par plusieurs centaines de syndiqués reconnaissables au brassard orange avec le nom de leur organisation. Des plus vieux, des jeunes, des femmes et des hommes. Et quelques gros bras qui dictent la marche. «Je peux pas mettre tout le monde sur le côté», gueule un «SO» de LFI qui tente de dégeler la voie pour le passage du cortège syndical tout en distribuant ses tracts pour la marche organisée par le mouvement de Mélenchon ce samedi. Rue Commines, un quinqua chauve s’époumone au téléphone. Comme beaucoup, il est paumé et choisit l’option «appel à un ami». «Je me suis fait tasser par les barrières de la CFDT. Ils voulaient avancer en tête avec leurs gros bras et ça a bougé dans tous les sens», souffle-t-il. De notre journaliste Charles Delouche-Bertolasi

15h18

Vu de Paris : «Je devais partir à 62 ans, là ce sera 64». En queue de cortège, les manifestants de la CFDT se rassemblent. Salarié de Safran, Stéphane, 58 ans, a fait les calculs : alors qu’il prévoyait de partir le 1er juillet 2025, l’accélération de la réforme Touraine, qui augmente le nombre de trimestres nécessaires pour partir à taux plein, va l’obliger à partir un an plus tard, en octobre 2026. En carrière longue, il fait partie de ceux qui vont devoir cotiser 44 ans. A ses côtés, Christiane, 57 ans, auxiliaire de puériculture en crèche, travaille depuis ses 18 ans et «se prend deux ans dans la vue» : «Je devais partir à 62 ans, là ce sera 64». Sans que la pénibilité de son métier ne soit reconnue. Rue Béranger, on croise l’ancien directeur de Libération et fondateur du mouvement «Les Engagé.e.s» Laurent Joffrin qui s’apprête à monter sur un City scoot. «J’ai manifesté, j’ai fait acte de présence. Mais là j’ai du boulot…», explique l’ancien patron de Libé. De notre journaliste Frantz Durupt

15h08

En graph : près d’un quart de grévistes à Libé. A l’appel des organisations syndicales représentatives de la profession, au moins 50 journalistes de Libération se sont déclarés grévistes à 14h, soit près d’un quart de la rédaction.

A l’appel des organisations syndicales, notamment représentatives de la profession, nous sommes au moins 50 journalistes de @libe en grève en cette journée de mobilisation interpro contre la réforme des retraites pic.twitter.com/Ibg6uxPLA2

— Florian Bardou (@FlorianBardou) January 19, 2023

14h59

Avec les lycéens à Paris. «C’est dingue d’en arriver là pour être entendu». En retrait de la foule, une dizaine de jeunes manifestants échangent, rigolent et zieutent avec insistance l’arrivée de nouveaux camarades. Tous font partie de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), un syndicat lycéen. Son président Louri Chrétienne, 17 ans, explique leur présence «en solidarité avec nos parents, nos proches, mais aussi tout le monde éducatif qui exerce déjà dans des conditions difficiles». Sa tenue noire fait ressortir ses yeux bleus azur. «Il y a déjà eu une réforme des retraites il y a 20 ans, une autre il y a 10 ans, qui nous dit qu’on ne va pas suivre l’exemple de la Suède?», interroge-t-il. Ambre, 17 ans, vient du lycée Francois Villon dans le XIVe. La jeune femme aux cheveux tressés voit dans cette réforme une façon «dézinguer un acquis social» avant de souffler «c’est dingue d’en arriver là pour être entendu». «On ne va pas chercher l’argent au même endroit, l’interrompt Adèle, en retrait jusqu’ici. D’un côté, on fait des milliards d’euros d’économies en supprimant certaines taxes de l’autre, on nous dit qu’on a pas assez d’argent pour les retraites.» De notre journaliste Théodore Laurent

14h58

Suivez la manifestation de Paris en direct. Grâce à notre direct Instagram, vivez le cortège parisien depuis l’intérieur. Suivez le en cliquant ici.

14h53

Vu de Paris : on dénonce un projet «pas bénéfique pour les femmes». Perrinne et Eli ont 16 ans. Ces deux lycéennes en classe de première manifestent pour la première fois contre une réforme des retraites. Une pancarte «premières de corvées, retraites amputées» en main, elles expliquent qu’elles ne veulent pas du projet de réforme qui «n’est pas bénéfique pour les femmes» et qui «repousse trop l’âge de la retraite». De notre journaliste Anne-Sophie Lechevallier

14h48

Forte mobilisation dans les rues de Nantes. La manifestation nantaise mobilise bien davantage ce jeudi que lors du précédent grand rassemblement du genre. On décompte pour le moment de 25 000 (selon la police) à 50 000 personnes (selon les syndicats) à manifester sur le pavé nantais, malgré une pluie battante. En 2019, la police avait dénombré 19 000 manifestants à Nantes, la CGT 25 000.

14h43

44,5% de grévistes dans les rangs d’EDF à la mi-journée. Ce chiffre sur la participation des salariés d’EDF, donné par la direction de l’énergéticien, est beaucoup plus important que lors des précédentes manifestations de ce type. Le taux de grévistes lors de la première et la plus suivie des journées de mobilisation contre le précédent projet de réforme des retraite, le 5 décembre 2019, s’élevait à 36,5% à la mi-journée.

14h34

Vu de Paris : «I will survive» à la réforme. Le cortège ne s’est pas encore ébranlé depuis la place de la République, dans le centre de la capitale, que les Rosies II se lancent déjà dans leur nouvelle chorégraphie. Ce collectif formé par des militantes féministes d’Attac dénonce l’impact du projet de réforme des retraites sur les femmes. Sur l’air du tube de Gloria Gaynor «I will survive», elles chantent «on a plein de solutions pour faire autrement (…) un vrai système égalitaire pour les ouvriers, respect des pénibilités, et pour les femmes qui triment qui rament». De notre journaliste Anne-Sophie Lechevallier

14h30

Réunion : entre 2 000 et 3 000 manifestants à Saint-Denis. La pluie et les vacances scolaires n’ont pas eu raison de la motivation des manifestants. Comme le rapporte France Info, entre 2 000 et 3 000 personnes ont manifesté dans les rues de Saint-Denis contre la réforme des retraites. Entre pancartes, slogans et parapluies. Selon le média, il s’agit là de l’une des plus importantes manifestations de ces dernières années sur l’île. Onze organisations syndicales avaient appelé à manifester.

14h24

Le point sur la participation à la mi-journée. La mobilisation semble bien partie pour faire le plein. Alors que les autorités tablaient sur 550 000 à 750 000 manifestants sur plus de 200 rassemblements à travers la France ce jeudi contre le projet de réforme des retraites, les chiffres des premiers cortèges et des secteurs en grève à la mi-journée sont déjà encourageants. De quoi espérer atteindre, voire dépasser, le précédent du 5 décembre 2019 : au démarrage de la contestation contre le précédent projet de réforme des retraites, la police avait compté 806 000 manifestants en France, la CGT 1,5 million. Retrouvez notre point ici.

14h22

Avec les profs à Paris. Chasuble blanc sur le dos, Bruno, professeur des écoles de 55 ans en Seine et Marne, le martèle en préambule : «Je suis là en ma qualité de citoyen plus qu’en ma qualité d’enseignant». Dénonçant une réforme brutale «des finances publiques et non des retraites». En attendant le départ du cortège place de la République, ce secrétaire départemental de la FSU 77 refait l’historique des reculs pour sa profession. Lors de son entrée dans le métier, les instituteurs partaient à la retraite à 55 ans. Il aurait donc été l’heure pour lui de déposer le stylo rouge. C’était sans compter la «réforme Fillion qui a repoussé l’âge légal de départ à 57 ans puis ce projet de Macron qui a placé la barre à 59 ans, soit deux ans de plus de travail pour exactement la même pension». De notre journaliste Marlène Thomas

14h15

Vu de Marseille : «C’est juste pas possible». En fin de cortège, Christophe, 56 ans, n’avait pas manifesté depuis trente ans. Pour l’occasion, ce responsable production chez Airbus hélicoptères a sorti la casquette et le chasuble CFE-CGC, son syndicat. «C’est étonnant, c’est pas un truc qu’on connaît… je craignais des débordements, mais on voit que c’est du sérieux. Et puis ce monde… C’est dommage que l’on n’ait pas plus de nos collaborateurs qui soient venus.» Eric est venu avec Christophe, 58 ans, parce que cette réforme, «c’est juste pas possible» : «On a un métier assez chargé, on travaille quinze heures par jour, alors deux ans de plus… tant que je vois que l’Etat continue à gaspiller l’argent à côté, je ne serai pas d’accord. Je pense aux plus jeunes.» il est prêt à revenir manifester si le gouvernement persiste. «Et cette fois, je mettrai le chasuble du syndicat», promet Christophe. De notre envoyée spéciale Stéphanie Harounyan

14h08

Vu de Paris. «Ah ben c’est Roussel !». Sur la place de la République, on repère les élus de gauche encerclés par la presse grâce aux écharpes tricolores. Marine Tondelier, la nouvelle cheffe des écolos, est à côté de son homologue communiste. Trois mètres plus loin, Olivier Faure, le secrétaire général du PS est là aussi. Le député insoumis Alexis Corbière, juste derrière lui, commente les images qui passent en boucle sur les chaînes d’info : «J’ai vu Rennes, Nice, Marseille. C’est très puissant, plus que les années précédentes. Ça commence fort!» De notre journaliste Charlotte Belaïch

14h00

Retraites : les syndicats de police non plus ne veulent pas se faire enfumer. Il ne faut pas s’attendre à voir des calots ou des képis sur les piquets de grève – policiers et gendarmes n’ont pas ce droit. Mais tous les syndicats de la police nationale ont appelé à rejoindre la mobilisation ce jeudi. Le «bloc syndical», composé d’Alliance-Police nationale (CFE-CGC) et de la branche police de l’Unsa «se joint au mouvement et appelle à rejoindre le cortège», écrivent dans un communiqué ces deux organisations. «On appelle les policiers hors service à manifester, ou à poser des heures [de congés] pour le faire», précise Thierry Clair, secrétaire général adjoint de l’Unsa police, à l’unisson de ses homologues des autres organisations. Retrouvez notre analyse ici.

13h47

Le billet de Jonathan Bouchet-Petersen. Plus une réforme est adoptée dans l’adversité, plus il faudrait y voir le signe qu’elle est courageuse. Il y a là une croyance tout à fait contestable que les gouvernants se transmettent au-delà des alternances politiques. Alors qu’une écrasante majorité des Français rejette le projet du gouvernement de reporter de 62 à 64 ans l’âge légal de départ à la retraite, tout en accélérant le passage à 43 annuités de cotisation, on entend ce refrain chez les porte-voix du pouvoir. Une posture bravache et délétère. Notre chroniqueur politique vous explique pourquoi.

13h39

Violences policières, féminisation, désaffection… Le nouveau visage des services d’ordre syndicaux. Les gros bras en ont gros sur la patate. Force historique des organisations syndicales, les membres des services d’ordre – les «SO» – qui protègent leurs camarades lors d’une manifestation font grise mine à la veille de la journée de mobilisation contre la réforme des retraites. S’appuyant sur le bénévolat, ce secteur crucial pour qu’un défilé se passe au mieux et que les revendications sociales puissent s’exprimer peine aujourd’hui à recruter. Un peu à l’image du mouvement syndical en général. La faute à qui ? A un «délaissement de l’engagement politique», expliquent certains. Un mélange de peur et de désillusion, pointent d’autres. Retrouvez notre article ici.

13h32

Laurent Berger optimiste. Présent dans le carré de tête du cortège parisien, le patron de la CFDT a fait état d’une mobilisation «au-delà de ce qu’on pensait» dans toute la France. «On est clairement sur une forte mobilisation», a déclaré Laurent Berger. La pétition contre la réforme Macron-Borne a également rencontré un grand succès, dépassant les 600 000 signatures. «Aujourd’hui, on est pas face à une réforme des retraites. On est en réalité face à une réforme des finances publiques : on veut faire payer aux travailleurs, par le report de l’âge légal de départ en retraite, le fait qu’il y a des déficits publics», a-t-il dénoncé.

13h23

46,3% de grévistes à la SNCF, d’après les syndicats. Il était annoncé que le trafic serait extrêmement perturbé. Le taux de grévistes à la SNCF a atteint les 46,3% selon une source syndicale. Dans le détail, on compte 77,4% de grévistes chez les conducteurs de trains de voyageurs, 50,8% chez les contrôleurs ou encore 48,4% chez SNCF Réseau, où travaillent les aiguilleurs et les agents chargés de la maintenance des voies.

13h19

Vu de Marseille. 13 heures. La tête du cortège a atteint en fanfare son but, le rond point du Prado, quand d’autres manifestants sont encore à l’autre bout du centre-ville de Marseille. «C’est ce à quoi on s’attendait, à la hauteur de notre colère», savoure Olivier Mateu, le secrétaire départemental de la CGT. Selon l’intersyndical, 140 000 défilent. 26 000 selon la préfecture. Alors, pour le syndicaliste, la manifestation est réussie. «On attend de voir le résultat global de la journée et la réunion de l’intersyndicale ce soir pour la suite, mais de nombreux secteurs parlent de grèves reconductibles.» Parmi ceux qui peuvent peser dans la balance, les cheminots, qui ont investi en nombre le ventre du cortège. «Chez nous il y a 80 à 85% de grévistes, calcule Fabrice Florio, délégué SCGT SNCF. Aujourd’hui c’était un premier coup de semonce, ça peut devenir un mouvement qui dure si le gouvernement reste sur sa position.» De notre envoyée spéciale, Stéphanie Harounyan

13h17

Les prévisions de Philippe Martinez. «Je pense que le million va être dépassé vu les chiffres que j’ai déjà à cette heure de la journée», a déclaré le secrétaire général de la CGT à une heure du départ de la manifestation parisienne. Selon le leader syndical, il y a «75% de plus de manifestants» par rapport à la manifestation du 5 décembre 2019, qui avait été le point culminant de la mobilisation sociale contre le projet de réforme des retraites porté par Édouard Philippe.

13h13

A Barcelone, Macron accueilli par des slogans indépendantistes catalans. Emmanuel Macron a bien été accueilli par des manifestants jeudi matin, mais ils scandaient des slogans indépendantistes catalans. Le chef de l’État est à Barcelone, à 800 kilomètres de Paris où démarre la mobilisation contre la réforme des retraites, projet-phare du quinquennat. Sous un beau soleil d’hiver, le président français est arrivé en fin de matinée au Musée national d’art de Catalogne, pour un sommet avec le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. Juste avant, on pouvait entendre les cris de milliers de manifestants rassemblés en contrebas de la colline.

13h05

Vu de Paris, même les chasubles de la réformiste CFTC sont là. Image inhabituelle dans les cortèges parisiens : des chasubles et des drapeaux aux couleurs de la CFTC, syndicat réformiste peu habitué aux mobilisations nationales. Devant le King Sandwich de République, Lydie, 38 ans, et ses collègues du site industriel de Thales de Méru (Oise) se sustentent avant le départ. Ils sont contre le report de l’âge légal bien sûr, mais le gouvernement les a aussi déçus sur un élément central de leur vie professionnelle : la pénibilité. «On est en plein dans les critères ergonomiques» (postures pénibles, port de charges lourdes) pas reconnus aujourd’hui, qui causent la majorité des maladies professionnelles, explique Lydie. «Les gens s’usent, beaucoup sont en situation de handicap.» Et le suivi médical renforcé annoncé par le gouvernement ? «De la fumisterie ! Chez nous, le service médical est rattaché aux ressources humaines. Vous voyez le problème.» De notre journaliste Frantz Durupt

12h59

Vu de Tolbiac. Un premier round ? Dans l’amphi H, c’est l’heure de la première AG de l’année sur le campus de Paris 1. Parmi la petite centaine d’étudiants présents, on reconnaît une grande majorité de têtes connues, membres des différentes organisations politiques et syndicales : NPA Jeunes, Unef, Le Poing Levé, Sap1, Solidaires… L’enjeu est très vite posé : massifier le mouvement et mobiliser les étudiants qui ne sont pas militants, largement absents en cette dernière semaine de partiels. Car «ce qui fait un mouvement, ce sont des gens qui, en temps normal, ne se mobiliseraient pas», affirme Léo, du NPA jeunes. Les interventions s’enchaînent, trois minutes par personne. «Le gouvernement est dans un aveuglement idéologique absolu. La preuve ? C’est la réforme la plus impopulaire de la présidence Macron», analyse Zinédine, militant à l’Unef. De notre journaliste Daniel Peyronel

12h55

Vu de Paris, «on a des bribes enthousiasmantes» sur les autres cortèges. Il n’y a pas encore grand-monde place de la République à Paris, d’où va partir le cortège en direction de Nation à 14 heures, mais dans le carré syndical de tête, Simon Duteil et Murielle Guilbert, les deux co-délégués généraux de Solidaires, font part de leur optimisme : «On a des bribes enthousiasmantes. À Douai, ils disent qu’ils n’ont pas vu autant de monde depuis une éternité». Certains responsables comme Laurent Berger ou Philippe Martinez ne sont pas encore arrivés, mais déjà des drapeaux sont levés pour souligner l’unanimité des organisations de salariés. De notre journaliste Frantz Durupt

12h48

Un député du parti d’Edouard Philippe tacle la réforme du gouvernement. Des cailloux Horizons dans la chaussure du gouvernement ? C’est le premier député appartenant au parti d’Edouard Philippe à prendre ses distances avec la réforme des retraites du couple exécutif. Yannick Favennec, élu de la Mayenne, a assuré sur Twitter qu’en l’état, il ne voterait pas le texte. «Nos concitoyens ont besoin de mesures simples, claires et lisibles, écrit l’ancien conseiller régional des Pays-de-la-Loire. Il faut une prise en compte du nombre de trimestres de cotisations sans allonger l’âge légal de départ. C’est une mesure de justice sociale !» Deux députés macronistes, Barbara Pompili et Patrick Vignal, ont également annoncé qu’ils ne voteraient pas non plus le projet de loi en son état actuel.

12h36

Grenoble et Marseille font le plein. Les manifestations grenobloise et marseillaise sont très suivies, d’après nos envoyés spéciaux. Le cortège grenoblois est massif, toutes les générations sont mêlées. La manifestation, dense, s’étire sur plus de deux kilomètres, les Grands Boulevards sont bondés : 18 000 personnes sont présentes selon la police, 35 000 selon la CGT. A Marseille, les deux cortèges se sont lancés vers 10 h 30 et il y a encore foule au point de départ, vers la place des Reformés. Enfin, à Saumur, le nombre de manifestants est finalement de 2 500, un record localement.

12h27

Vu de Marseille. «Ma pancarte est toute pourrie, mais je ne veux pas que ma retraite le soit aussi !» Lisa a tracé son message au marqueur noir sur du carton. La vie après le travail, cette intermittente du spectacle (elle fait des marionnettes) de 27 ans n’y avait jamais pensé avant. Sa branche bénéficie d’un régime spécial, mais le débat sur la réforme a eu l’effet d’une «prise de conscience» pour la jeune femme : «Notre génération a un autre rapport au travail, très peu de mes amis pensent bosser toute leur vie pour toucher une retraite, explique-t-elle. On s’est habitués aux réformes, à se faire avoir. Je suis surtout là pour soutenir mes amis qui sont encore dans un circuit classique de retraités.» De notre envoyée spéciale, Stéphanie Harounyan

12h23

Mélenchon prédit que Macron «ne tiendra pas». Depuis son ancien fief de Marseille, Jean-Luc Mélenchon a estimé en substance que le gouvernement avait déjà perdu une bataille en ne parvenant pas à convaincre les Français de la nécessité de faire cette réforme des retraites. Surtout, la figure tutélaire des insoumis prédit qu’Emmanuel Macron «ne tiendra pas». «Il faut qu’il arrête, cela n’a pas de sens, ce bras de fer est inutile […]», a-t-il affirmé, soufflant qu’un retrait du texte «l’honorerait».

12h15

François Ruffin depuis Abbeville : «On doit passer du «on a raison» à «on peut gagner» Désigné chef de file des députés insoumis, François Ruffin est ce matin à Abbeville, sous-préfecture de la Somme. «Vous avez au moins 2000 personnes ici, lance-t-il en duplex pour BFM-TV. C’est énorme, ça ne s’est pas vu depuis au moins 1995.» Il se fait le porte-parole «des gens [qui] ont mal au dos» : «Ils ont le dos broyé, ils ne voient pas comment ils vont faire deux années supplémentaires». Pour lui, «la bataille de l’opinion, elle est déjà gagnée». «On doit passer du «on a raison» à «on peut gagner», «On peut battre Macron»». L’élu Picard s’en est pris ensuite au ministre du Travail, Olivier Dussopt, «petit marquis enfermé dans [son] ministère» : «Il refuse de débattre avec moi parce qu’il sait très bien que cette réforme, elle est injuste […] il y a un endroit où il ne va pas pouvoir se défiler, c’est l’Assemblée nationale».

12h05

Info Libé : la CGT a coupé le courant dans une zone industrielle de région parisienne. La CGT revendique auprès de Libération une coupure de courant ce jeudi matin dans une zone industrielle de Massy (Essonne), dans le cadre du mouvement contre la réforme des retraites. 2 000 clients auraient été concernés, de 6 h 30 à 7 h 45, avant que le courant ne soit rétabli, assure Frédéric Probel, secrétaire général de la CGT Energie Bagneux. «La coupure a été faite à cette heure-là pour ne pas que cela ait un impact trop fort sur ces entreprises car c’est surtout le gouvernement que nous visons, ajoute un autre membre de la FNEM-CGT, Julien Lambert. Mais c’est un premier avertissement qui montre que les salariés de l’énergie sont motivés contre cette réforme.» Le membre de la CGT Bagneux prévient : «Bien évidemment, si le projet n’était pas retiré, ce type d’action sera reproduit».

12h02

Carburant : moins de 2 % de stations-service à sec. Moins de 2 % des stations-service françaises étaient jeudi matin à court soit d’essence soit de gazol un léger mieux par rapport au début de semaine, les Français ayant été appelés à éviter de faire des pleins de précaution. Jeudi à 9 h 30, 1,95 % des stations étaient en pénurie d’au moins un carburant, selon des données publiques. Lundi, elles étaient 3,75 % à être concernées.

11h56

8️⃣ syndicats
8️⃣ raisons d’être contre la réforme des retraites

Dans @Libe ce jeudi, 8 syndicats alertent sur le contenu de la réforme qui affectera des millions de personnes et ne résoudra pas les inégalités sociales. #Greve19janvier

🧶 Un fil à dérouler pic.twitter.com/2OH55lsUbh

— Libération (@libe) January 19, 2023

11h48

Vu de Grenoble. 11 heures, le dense cortège dont la CGT a pris la tête s’élance à travers Grenoble. Des milliers de personnes ont afflué à pied au point de rendez-vous, alors que très peu de transports en commun fonctionnent. Léo, 27 ans, qui travaille sur les barrages hydroélectriques d’EDF, est venu de Bourg d’Oisans, à une heure de voiture : «Il faut faire peur aux politiques. Cette réforme, profondément injuste, m’inquiète beaucoup». Syndiqué à la CGT, il assure : «On est parti sur la longueur, la grève va durer, on ira sur des coupures…» Sophiane, brancardier d’une clinique grenobloise, brassard FO, abonde : «Cette manif c’est le début. Je ne suis pas défaitiste, mais on n’a jamais vu un gouvernement aussi peu à l’écoute des citoyens. Le mouvement va être très long, je suis prêt». De notre envoyé spécial, François Carrel

11h44

42 % d’enseignants grévistes dans le primaire, 34 % dans le secondaire, selon le ministère. La mobilisation nationale contre la réforme des retraites se traduit par un taux d’enseignants grévistes de 42,35 % dans le primaire et de 34,66 % dans le secondaire (collèges et lycées) selon le ministère, bien en deçà des chiffres des syndicats. Le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, a annoncé jeudi un taux de 65 % des professeurs de collèges et lycées grévistes, et le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, recense 70 % d’enseignants grévistes.

11h38

Vu de Vitry-sur-Seine. Sur le site de la Compagnie du chauffage urbain (CPCU) de Vitry, un des grévistes installé devant ses écrans de contrôle, raconte l’impact de ses 7 à 10 nuits et deux week-ends travaillés par mois. Dans les salles de traitement de l’eau, où il circule régulièrement, le bruit est puissant, un facteur de pénibilité au travail. Avec les produits chimiques présents en grande quantité ou l’amiante dans le réseau, cela justifie le régime spécial des salariés des industries électriques et gazière (IEG), qui permet de partir jusqu’à 5 ans plus tôt, selon le dirigeant syndical Marc Bontemps. «On est dans le réel : c’est normal que l’on parte plus tôt puisqu’on meurt plus tôt», défend-il, avant de préciser que les techniciens sur les centrales comme les travailleurs du réseau ont une espérance de vie 7 à 15 ans moindre que la moyenne des Français. De notre envoyé spécial, Damien Dole

11h32

Pendant ce temps-là…

Macron est arrive à Barcelone sous un beau soleil d’hiver pour un sommet prévu de longue date, pendant qu’en France commence la mobilisation sociale contre sa réforme des retraites #AFP pic.twitter.com/UMwhXI8xkJ

— Francesco Fontemaggi (@ffontemaggi) January 19, 2023

11h28

Collèges et lycées : 65 % de grévistes selon le Snes-FSU. Le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, a annoncé que 65 % des enseignants de collèges et lycées étaient grévistes jeudi, dans le cadre d’une mobilisation nationale contre la réforme des retraites. Il évoque «des pics à plus de 80 % de grévistes dans certains établissements» et «des collèges fermés dans plusieurs académies». La grève «est majoritaire contre le projet de réforme des retraites du président Macron et témoigne d’une grande colère dans la profession. Le message est clair : 64 ans, c’est non, 43 années de cotisation, c’est non !», martèle le Snes-FSU.

11h20

Vu de Marseille. «Comment ça, vous ne connaissez pas Rosy de Marseille ?» Ce jeudi matin en haut de la Canebière, on ne voit qu’elle dans la foule qui se chauffe avant le départ. Sur son parapluie blanc orné de fleurs bleues, blanches et rouges, Rosy a accroché deux gilets jaunes. Toutes les semaines, la retraitée se pose sous l’ombrière du Vieux-Port avec une pancarte différente. Elle a déjà 219 slogans à son actif, des sujets «en rapport avec l’actualité». Pour les retraités, Rosy a fait sobre : un «non à la réforme !» écrit au feutre multicolore. «Ma retraite, je l’ai eue à 60 ans et j’étais déjà fatiguée. J’ai commencé à 16 ans et demi comme bonne à tout faire et je n’ai jamais arrêté de travailler, même pour mes deux enfants. Mon fils a fait sept ans d’études, à quel âge va-t-il partir ? Je me bats aujourd’hui pour ceux qui arrivent derrière.» Elle n’est pas seule : à Marseille, la foule qui arrive promet une mobilisation réussie. Il est un peu plus de 10 h 30, le cortège s’élance pour gronder sa colère. De notre envoyée spéciale Stéphanie Harounyan

11h14

Jean-Luc Mélenchon présent dans la manifestation contre la réforme des retraites à Marseille.

11h10

Chez les syndicats, les femmes encore au second rang. «Ça nous désole. On n’est pas ravi de l’image qu’on donne», concède l’un des neuf représentants syndicaux qui appellent à une journée de mobilisation et de grèves contre la réforme des retraites, ce jeudi. Un homme, comme sept de ses homologues. Avec une seule femme à la tête d’une organisation – Murielle Guilbert, co-déléguée générale de l’union syndicale Solidaires – ce n’est pas d’un simple manque de parité que souffre la photo de famille de l’intersyndicale, mais d’une quasi-invisibilisation des femmes. Pourtant, selon l’Insee, en 2021, 48,9 % des actifs de 15 à 64 ans étaient des femmes en France. Alors pourquoi aucune femme, ou si peu, sont-elles aux manettes des organisations ? Retrouvez notre analyse ici.

11h06

Vu de Vitry-sur-Seine. Le site de la Compagnie du chauffage urbain (CPCU) de Vitry, près de Paris, alimente 200 000 habitants de la capitale en chauffage et produit de l’électricité. Et si sa première tâche devrait être assurée jeudi, la seconde ne l’est plus depuis ce matin. Car «ce n’est pas notre cœur de métier», justifie Marc Bontemps, secrétaire général du Syndicat de la production de la région parisienne, qui fait partie de la FNME-CGT. Cela risque cependant de rajouter des tensions au réseau électrique francilien. Sur le site, 100 % des 20 salariés sont en grève mais quatre techniciens grévistes sont malgré tout venus pour assurer la production de chauffage en cette journée hivernale. Si le mouvement devait durer, Marc Bontemps prévient : le réseau électrique se tendra encore plus. Et en cas de reconduction de la grève dans les usines d’incinération de Saint-Ouen, Ivry-sur-Seine et Issy-les-Moulineaux, les installations de chauffage pourraient s’arrêter. De notre envoyé spécial, Damien Dole

11h02

Grosse détresse pour Pécresse. «Les grévistes ont des droits… les voyageurs aussi.» Pour ses vœux 2023 tenus mercredi, le ton de Valérie Pécresse est grave. A la veille de la mobilisation contre la réforme des retraites, la présidente LR de la région Île-de-France juge «inacceptable» la situation des transports franciliens, fortement perturbés par le mouvement. L’occasion pour elle de renouveler son souhait d’instaurer un «service minimum à 100 % garanti» aux heures de pointe. Le tout dans une ambiance de veillée mortuaire. De quoi attirer les moqueries de la députée Nupes Rachel Keke. Sur Twitter, l’ancienne gouvernante nargue ce jeudi : «Je crois que Valérie Pécresse découvre que la région peut tourner sans elle mais pas sans les métiers essentiels».

10h56

Vu de Saumur. Dans le Maine-et-Loire, quatre manifestations contre la réforme des retraites sont prévues aujourd’hui à Angers, Cholet, Segré et Saumur. Dans cette ville de 26 000 habitants décrite par le groupe de hard-rock Trust comme «le bastion de l’ordure» et «le fief du bourgeois» – environ 2 100 personnes ont répondu à l’appel de l’intersyndicale jeudi matin, selon un premier comptage policier effectué vers 10 heures mais les manifestants continuaient encore d’affluer peu avant 11 heures. Le 5 décembre 2019, dernière forte mobilisation sociale en date – contre le projet de réforme des retraites du gouvernement d’Edouard Philippe – la presse locale avait dénombré entre 700 et 800 manifestants. Sur la place de la Bilange, située à un jet de pierre de la Loire, Jean-Yves, 73 ans, prof de philo à la retraite et autoproclamé «anarchiste», se lance dans un plaidoyer très marxiste : «Il faut mettre à contribution le capital et pas uniquement le travail.» De notre envoyé spécial, Maxime Pionneau

10h55

Les lycéens se mobilisent de bon matin contre la réforme des retraites. Plusieurs lycées ont fait l’objet de barricades en tout genre dès 8 heures ce matin. Les lycées Hélène Boucher, Lamartine ou encore Turgot à Paris ont été bloqués par de jeunes élèves mobilisés en ce jour de grève. Sur des vidéos partagées par plusieurs médias sur les réseaux sociaux, on peut voir les jeunes manifestants être dispersés par les forces de l’ordre.

10h41

Les prévisions parisiennes prudentes de la police. D’après nos informations, les autorités attendent entre 50 000 et 80 000 personnes aujourd’hui dans les rues de Paris. Dont un «petit millier» pourrait être violent, a déclaré le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, mercredi matin sur RTL. Il s’agirait pour l’essentiel d’«ultra-jaunes» et dans une moindre mesure d’«ultragauche», selon ses termes. Un risque de provocations des syndicalistes policiers présents est également envisagé par les autorités, a appris «Libé» d’une source à la préfecture de police de Paris. Cette dernière devrait déployer une majorité d’unités de forces mobiles (CRS, gendarmes mobiles), des brigades de répression de l’action violente (Brav) et deux engins lanceurs d’eau autour du cortège.

10h36

Grève d’EDF : la production d’électricité en perte de célérité. «C’est le début de la lutte jusqu’au retrait !» Sur les réseaux sociaux, la fédération CGT-Mines Energie se félicite ce jeudi matin de la chute de la production d’électricité organisée par des agents EDF pour contester le projet de réforme des retraites. Ces baisses se sont intensifiées pour atteindre l’équivalent de deux fois la consommation de Paris, détaillent la CGT et le gestionnaire des lignes à haute et très haute tension RTE. La CGT-Mines Energie évoque «plus de 7 000 MW de baisse de production», qui n’a toutefois «aucun impact sur les usagers».

10h17

«Le climat et la retraite, c’est le même combat» «Aujourd’hui, il y a une convergence des luttes environnementales et sociales donc on va faire la ZAD maintenant pour les droits sociaux parce que le climat et la retraite, c’est le même combat», a affirmé Marine Tondelier au micro d’Europe 1 jeudi. La secrétaire nationale d’EELV regrette que la notion de ZAD soit mal comprise. «Une ZAD, ce sont des générations actuelles qui se battent pour les générations futures. C’est de penser le long terme plutôt que le court terme. De penser le bien vivre collectif plutôt que le profit», a-t-elle énuméré.

.@marinetondelier s’exprime sur la définition de la ZAD : « Aujourd’hui il y a une convergence des luttes environnementales et sociales, on va faire la ZAD pour les droits sociaux car le climat, la retraite c’est le même combat » sur #Europe1 pic.twitter.com/OVvEhRL68N

— Europe 1 🎧🌍📻 (@Europe1) January 19, 2023

10h08

Laurent Berger «pas très inquiet» sur le niveau de mobilisation. Invité sur BFMTV, le secrétaire général de la CFDT s’est dit «pas très inquiet» sur le niveau de mobilisation ce jeudi. «Beaucoup de gens nous disent on va venir manifester, des gens qui disent on ne vient pas d’habitude mais là on en a assez», a poursuivi Laurent Berger. «C’est la première journée de mobilisation, il faut faire une démonstration de force, au sens pacifique du terme», a-t-il complété.

10h03

Le billet de Thomas Legrand. Des débordements sont à craindre dans le mouvement contre la réforme des retraites ce jeudi. Longtemps pionnière en gestion des foules militantes, la France est désormais un contre-modèle. Les autorités policières, face à de nouvelles formes de violences manifestantes (très organisées façon black block ou erratiques façon gilets jaunes) ont préféré importer les méthodes de maintien de l’ordre en cours en banlieue, plutôt que de réfléchir, comme l’a fait efficacement l’Allemagne aux prises avec une montée de la radicalité écologiste. Retrouvez le billet de notre chroniqueur.

9h57

Signé Coco.

9h48

Plus de métros que prévu à Paris. Alors qu’aucune rame ne devait circuler sur les lignes 10 et 11 du métro à Paris, le trafic n’a finalement pas été entièrement interrompu. Un métro sur cinq roulait entre Belleville et Mairie de Lilas sur la ligne 11, partiellement ouverte. Tandis que, sur la 10, ouverte de bout en bout, un train sur deux circulait. Seule la 8 reste entièrement fermée ce jeudi. Lire le point sur la situation dans les transports en commun.

9h42

Info et infox de la réforme des retraites : «CheckNews» fait le tri. 25 % des travailleurs masculins les modestes meurent-ils avant la retraite ? Les projections de déficits ont-elles été exagérées ? Les retraités sont-ils favorables au report de l’âge légal de départ à la retraite ? Le débat sur le projet de la loi de réforme du système de retraites a été l’occasion de nombreuses intox ou approximations. «CheckNews» s’est penché sur huit affirmations des partisans, et des opposants, de la réforme. Lire notre article.

9h37

«Rien ne rentre ni ne sort.» Eric Sellini, coordinateur national du syndicat pour TotalEnergies donne le ton de cette journée de grève. «Partout, les expéditions ont été suspendues.» Que ce soit TotalEnergies ou Esso-ExxonMobil, les raffineries se vident. La CGT annonce entre 70 % et 100 % de grévistes. A La Mède et Fos-sur-Mer, 100 % de grévistes ont été recensés. La raffinerie de Donges connaissait 95 % de grévistes et celle de Normandie 80 %, alors que les équipes de la raffinerie de Feyzin étaient en grève à plus de 70 %, selon Eric Sellini. «C’est un mouvement qui est bien suivi, ça donne de l’élan, de la force et du courage pour la suite», a déclaré Benjamin Tange, responsable syndical CGT au dépôt de Flandres, avant d’aller défiler contre la réforme des retraites à Dunkerque.

9h29

Retraites : huit syndicats, huit raisons de dire non à la réforme. Les huit principales organisations de salariés françaises appellent à se mobiliser dans toute la France, par la grève et les manifestations, contre le projet du gouvernement de porter l’âge légal de départ en retraite à 64 ans. Une mesure purement budgétaire qui, tout en ne répondant à aucune urgence financière, va durement frapper des millions de personnes, expliquent les neuf responsables syndicaux à Libération.

9h19

Le tuto de Libé pour débrayer. Durée minimale, information de l’employeur, perte de salaire… Pas besoin d’aller sur Youtube si vous envisagez de vous joindre au mouvement contre la réforme des retraites ce jeudi, voici quelques informations basiques.

9h10

L’historique des manifestations contre les réformes des retraites. La plus grande manifestation contre une réforme des retraites s’est déroulée en 2010, avec 3,5 millions de manifestants dans la rue selon les manifestants, 1,2 millions selon les pouvoirs publics.

9h04

Leurs parents sont morts avant la retraite : «Il avait fait construire une belle petite maison et n’a pas pu en profiter» Enfants de salariés précaires et d’ouvriers, ils ont perdu un parent de façon précoce. Ces Français rencontrés par «Libé» racontent combien le report de l’âge légal à 64 ans empêchera beaucoup de personnes d’arriver à la retraite. Lire nos témoignages.

8h52

Entre 70 et 100 % de grévistes dans la plupart des raffineries TotalEnergies. La journée de grève démarre en trombe. La CGT annonce entre 70 % et 100 % de grévistes dans la plupart des raffineries TotalEnergies. Depuis le début de la semaine, des pénuries éparses affectent les stations-service, dues aux pleins de précautions des automobilistes. «Partout, les expéditions ont été suspendues», indique Eric Sellini, coordinateur national du syndicat pour TotalEnergies.

8h43

Les matinales du service public perturbées par la grève. Les matinales du service public, radio et télé, sont en majorité perturbées jeudi par «un appel à la grève de l’ensemble des organisations syndicales» contre la réforme des retraites, selon les messages diffusés. En radio, sur franceinfo, au lieu de l’information en continu, les bulletins, raccourcis, sont espacés d’une demi-heure par une plage musicale. La même façon de procéder a été adoptée sur France Inter, avec une playlist musicale mêlant tous les styles (le folk suranné de Sixto Rodriguez juste avant le rappeur Lomepal). En télévision, sur France 2, Télématin, a rediffusé des anciennes interviews, qu’il s’agisse de thèmes sociétaux (dérives des réseaux sociaux) ou de séquences culturelles.

8h32

Philippe Martinez aurait préféré qu’Emmanuel Macron «reste en France» au moment d’une «grosse mobilisation». «Contrairement à un autre ministre l’année dernière, il n’est pas à Ibiza, il est à Barcelone…» Interrogé par Public Sénat, Philippe Martinez (CGT) n’a que peu goûté la présence d’Emmanuel Macron en Espagne ce jeudi, alors que des manifestations et mouvements de grève sont prévus sur tout le territoire. «Je pense que quelqu’un comme le président de la République, qui explique être plus à l’écoute qu’avant, devrait s’intéresser à ce qu’il se passe» dans son pays. «Quand il y a une grosse mobilisation, que l’on prétend avoir changé, écouté plus… C’est le moment de rester en France.»

8h24

La CGT-Energie n’infligera pas de coupures d’électricité aux députés favorables à la réforme. Le patron de la CGT Mines-Energies, Sébastien Menesplier, assure désormais qu’il n’y aura pas de coupures d’électricité ciblant les députés favorables à la réforme des retraites, ce jeudi lors de la journée de mobilisation syndicale. «Il n’y a pas de menaces de coupures» visant les permanences des élus, a-t-il assuré mercredi soir sur France Info, après une levée de boucliers politique.

7h56

Les perturbations du jour dans les transports. Côté SNCF, le trafic sera fortement touché. Seulement un TGV sur cinq roulera sur l’axe Est, un TER sur dix et aucun Intercités. A la RATP, les lignes 8, 10 et 11 seront totalement fermées et dix autres lignes ne seront exploitées que partiellement. La circulation des RER, des bus et des tramways sera aussi difficile. Dans le ciel, la Direction générale de l’aviation civile a demandé aux compagnies aériennes d’annuler préventivement un vol sur cinq à Orly. Les détails ici.






Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir des actualités et des offres spéciales sur les choses à manger, boire, voir et faire à Grenoble !

Nous ne spammons pas ! Lisez notre politique de confidentialité pour plus d'informations.

Objets similaires

commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

évènements à venir

Une escapade d’une journée à moins de 30 minutes de Grenoble

“Je vis là où vous partez en vacances”. Oui, c’est une des chances qu’ont les Grenoblois : pouvoir vivre des aventures dont beaucoup rêvent...

L’Hanakotoba, le langage des bijoux fleuris – City guide Grenoble

D’inspiration amérindienne, les boucles de la marque L’hanakotoba n’en cultivent pas moins leur propre univers poétique et coloré. Grâce à leur créatrice, Laura Botilde,...

Coupe d’arbres morts sur les berges de l’Isère – Actualité à caractère exceptionnel

Ces arbres situés au niveau de l'Ile Verte doivent être coupés car ils peuvent présenter un danger pour la sécurité...

Exploitation commerciale du snack Jean Bron. – Appels et consultations

La Ville de Grenoble souhaite confier à un prestataire l'exploitation commerciale du snack de la piscine Jean Bron pour la...