Patrick est le plus vieux chauffeur de bus de Grenoble : « Je veux voir des sourires »

En novembre 1999, un chauffeur de bus spécialisé dans le tourisme arrive à Grenoble par les transports en commun. Après 17 ans durant lesquels Patrick Grisolet a parcouru l’Europe, le natif de Grenoble revient dans sa ville natale.

Patrick a sillonné les rues de la métropole grenobloise au volant de son bus à la recherche d’un sourire.

Un super voyage pour revenir à Grenoble

A tout juste 17 ans, Patrick enfile pour la première fois sa veste de chauffeur de bus. Le jeune Grenoblois marche dans les pas de son père. « Mon père était chauffeur routier. Dès qu’il est revenu à Varces pour le week-end, je suis monté dans son camion », se souvient le sexagénaire.

Il débute dans les rangs de Faure, un tour opérateur avec qui il va découvrir l’Europe et, surtout, la relation avec les clients.

Une envie de voyager que Patrick mettra de côté pour se consacrer à la capitale des Alpes.

Un sourire et un « bonjour »

Au cours de sa carrière, Patrick n’a conduit que des bus, une particularité qui a une explication : « Dans un tram, la cabine est fermée et donc le contact avec les clients est impossible ».

Des résidents que j’ai vu grandir sont venus vers moi pour me poser des questions sur la jeunesse d’aujourd’hui : « Assure-moi, Patrick, je n’étais pas aussi bête que toi ? » Faut que je leur dise oui !

Patrick GrisoletChauffeur de bus à Grenoble

Les lignes 26 et 5 de Grenoble sont utilisées par Patrick depuis plus de 18 ans. Des lignes « familiales » dans les quartiers sensibles sans jamais avoir de problème.  »

Il suffit de passer une heure dans le TAG Dinosaur Bus pour comprendre jusqu’où va son sourire.

Dans son bus, Patrick n'hésite pas à prendre le temps d'aider les usagers.

« Nous sommes des travailleurs sociaux »

Un mardi pluvieux du début de l’automne, Patrick ne perd jamais son ambition de faire sourire les gens. Une mère avec un landau vide monte dans le bus : « Eh bien, tu as oublié le bébé ? », s’inquiète le chauffeur du bus.

Avec un grand sourire, la maman rassure Patrick et lui dit qu’elle vient de le déposer à la crèche. C’est une victoire pour le conducteur.

Au détour d’un arrêt de bus près de Seyssinet, il nous confie qu’il a « la chance d’avoir un métier qui rassemble toutes les classes de la société ».

Et puis il y a Colette. Un nom parmi tant d’autres dont Patrick se souviendra. « Elle m’a offert des emballages pour Noël et j’ai eu le droit à mes petits chocolats pour Pâques », révèle le chauffeur.

Une opportunité pour celles et ceux qui se considèrent comme « des travailleurs sociaux s’adressant à de jeunes écoliers ou à des personnes âgées ».

Une deuxième famille

Il suffit de regarder Patrick au dépôt de Sassenage pendant cinq minutes pour comprendre qu’il est le père. « Ce sont tous mes enfants », nous dit-il autour d’un café et parle de ses collègues. Une ouverture d’esprit doublée d’une volonté d’humour qui a convaincu d’autres pilotes.

« Oh, regardez, nous venons de tomber sur le Père Noël », lâche Patrick dans un virage pour parler de l’un de ses collègues, qui, vous savez, a une longue barbe blanche.

« Des éléments comme Patrick, on aimerait en avoir des centaines », explique Eddy, son superviseur.

L’épouse de Patrick travaille également dans la société de transport de Grenoble, ce qui n’enlève rien à leur lien avec leur entreprise. En regardant maintenant les lignes 19 et 20 du réseau de bus, « je suis content de travailler dans ces conditions, qui sont loin de celles de l’usine.

« Tout n’est pas rose »

Difficile de passer à côté des désagréments des transports en commun à Grenoble. Quand Patrick Grisolet révèle que « tout n’est pas rose », le Grenoblois de 63 ans adoucit l’image de la ville : « La réputation de Grenoble n’est pas bonne et ça ne fait pas venir les jeunes au TAG et travailler. Je ne m’inquiète plus depuis 20 ans.

Qu’est-ce que le « deuil » de Patrick ? « Les gens saluent moins et ont un peu oublié leurs sourires. » Il invite tous les internautes à venir lui parler car, malgré une timidité superficielle, Patrick est un grand orateur.

Quiconque n'a jamais voulu faire un tour dans le centre-ville est proche de la fin en tant qu'automobiliste.

Retraite au virage suivant

Notre échange avec Patrick, qui nous a fait part de sa petite appréhension à parler de lui, a été une sorte de flashback. La carrière de Patrick Grisolet s’achève à l’âge de 63 ans.

« Je serai diplômé en janvier 2023 et je ne vous cacherai pas une petite inquiétude », témoigne l’homme, décrit par sa femme comme « très anxieux ».

Malgré tout, un nouvel horizon s’ouvre et avec lui une lointaine nostalgie qui rebondit : « Nous avons décidé de beaucoup voyager avec ma femme et il est promis que je la laisserai conduire », sourit le grand-père de nombreux petits enfants.

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