Voulaient-ils vraiment tuer Macron ? Des militants d’extrême droite au sommet

Voulaient-ils vraiment tuer ? Emmanuel Macronen novembre 2018 alors qu’il était dans l’est de la France pour les commémorations Siècle d’armistice ? Ou assassiner le maire de La Mure, une petite commune de la périphérie de Grenoble, pour s’être dit favorable à l’accueil des migrants ? N’étaient-ils que des mots creux lorsqu’ils parlaient d’incendier des mosquées, d’assassiner des migrants ou d’enlever des députés et des « gens riches » pour obtenir de l’argent ? Le tribunal correctionnel de Paris doit répondre à toutes ces questions à partir de ce mardi et au cours des trois prochaines semaines : onze hommes et deux femmes, tous proches mouvement ultra droiten particulier un Groupe surnommé « Barjols », sont inculpés du délit d’association de malfaiteurs pour préparer des actes de terrorisme.

L’affaire débute à l’automne 2021, lorsque la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) reçoit des « renseignements » : un certain nombre Jean-Pierre Bouyer a planifié une violente répression contre le président de la République. Ecouté d’emblée, l’homme alors âgé de 66 ans, lui-même mécanicien, gérant d’un atelier de réparation automobile puis d’une entreprise forestière au Gabon, n’a pas caché son intention de commettre un acte de violence à ses interlocuteurs. « Vous savez, je vais appuyer sur la gâchette, je vais le faire, ça ne me dérange pas », a-t-il confié à l’un de ses contacts. Il explique à ce dernier qu’il part avec des amis dans l’est de la France « pour faire quelque chose ». « Au bout d’un moment, il faudra », insiste-t-il mystérieusement en lui disant qu’il va « s’équiper » mais que « tout est prêt ».

Cours pour survivalistes et paramilitaires

Le départ vers la Moselle aura lieu le 5 novembre. Le président de la République est arrivé la veille dans la région, point de départ de sa « Marche de la mémoire », cent ans après la Première Guerre mondiale. Cette coïncidence des calendriers inquiète particulièrement les enquêteurs. D’autant que Jean-Pierre Bouyer a fait le voyage depuis l’Isère avec un homme de 26 ans qu’il présente comme son « bras droit » pour rejoindre deux autres hommes. Ils se connaissaient tous au sein des Barjols, un groupe complotiste d’ultra-droite formé sur Facebook fin 2016.

A la fin de l’été 2018, le groupe se transformera en association. Pour devenir membre, les membres doivent remplir un formulaire fournissant des informations sur leurs connaissances militaires ou de survie. Surtout, plusieurs réunions sont organisées pour affiner la préparation physique des membres, faire des entraînements de tir, prendre des cours de boxe. Lors d’une de ces réunions en septembre 2018, plusieurs députés se sont filmés masqués en train de brûler un drapeau européen avant d’appeler l’exécutif à la démission. Jean-Pierre Bouyer a été un temps numéro 2 de ce groupe avant de prendre ses distances et de regretter l’immobilisme de ses membres. « J’en ai marre des mecs, si vous leur demandez de faire quoi que ce soit, ils chieront leur pantalon », lâche-t-il au téléphone.

« Nous n’étions pas prêts de toute façon »

Dès lors, le 6 novembre, la police, convaincue d’une « menace imminente », décide de les arrêter. Mais au cours de l’enquête, « l’attaque planifiée » s’avère bien plus balbutiante que ne l’avaient prévu les enquêteurs. Alors que la plupart des gardes à vue ont reconnu avoir déjà évoqué le meurtre d’Emmanuel Macron, ils affirment qu’il s’agissait surtout de « délires », de mots vides de sens. « Nous n’étions pas prêts de toute façon », souligne Jean-Pière Bouyer.

Au cours de l’enquête, il a mis en cause l’un de ses coaccusés, Mickaël Iber. Selon lui, ce dernier prévoyait de l’attirer en tournée pour lui « trancher la gorge » ou le « poignarder ». Cependant, il admet avoir suggéré d’utiliser un couteau en céramique pour échapper au détecteur de métaux. A tort, Mickaël Iber répond : quand il avoue qu’il cherchait des armes, il affirme que le projet était celui de son acolyte. Il jure que son plan était de bloquer le pays. Dix jours après son arrestation, le premier jour du confinement des gilets jaunes a lieu. Au terme de l’instruction, le parquet a finalement exclu un recours devant un jury, notamment en raison du caractère embryonnaire du « projet ». Cependant, les accusés risquent jusqu’à 10 ans de prison.






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